« Perpétuer l’histoire agricole des Hautes-Côtes de Beaune par la polyculture-polyélevage »

Les pelouses calcaires ou “chaumes”, sont les prairies sur sols calcaires peu profonds sur lesquelles notre ferme prend racine. Depuis 2020, au Domaine Boris Champy, nous faisons patûrer nos dix brebis dans nos vignes biodynamiques l’hiver, et sur les prairies calcaires l’été. Dans la continuité de cette démarche, depuis janvier 2026, la Ferme de Maya vise à perpétuer la diversité de productions et de paysages dans les Hautes-Côtes de Beaune.

Les visages de la ferme

C’est à 23 ans, en dernière année d’études d’ingénieure agronome, que Maya (la fille de Boris, qui aide avec la ferme pendant qu’elle achève ses études) a eu l’opportunité de réaliser son rêve d’enfant de devenir fermière. Et puisque le hasard fait bien les choses, la ferme est aussi nommée en référence à Maïa, figure romaine de l’éveil de la nature au printemps. Celle-ci a donné son nom au mois de Mai, qui est la période phare pour se promener sur les prairies calcaires, qui sont parées de multiples orchidées plus surprenantes les unes que les autres. Cependant comme le résume l’expression anglosaxonne « Team work makes the dream work », qui se traduit en français par « Le travail d’équipe est ce qui rend le rêve possible », la ferme est le résultat d’une collaboration à plusieurs niveaux:

  • avec les communes qui nous confient l’entretien des pelouses calcaires par le pâturage ;
  • en partenariat avec des organismes de protection de l’environnement (Natura 2000 et le Conservatoire des Espaces Naturels) ;
  • grâce aux passionnés qui contribuent au fonctionnement de la ferme chaque jour, qu’il s’agisse de l’équipe de la ferme et du domaine, ou de la famille Champy ;
  • avec l’aide de nos chiens: Sonoma, Bodega et Rafale les gardiens et Napa, notre aide précieuse pour regrouper le troupeau ;
  • et enfin tout cela est possible grâce aux personnes choisissant de mettre nos produits dans leur assiette, qui soutiennent l’élevage local et la préservation de la biodiversité emblématique des pelouses calcaires.

Qu’est ce que la polyculture-polyélevage?

Il s’agit d’un modèle agricole très répandu autrefois, qui combine à la fois des cultures végétales et des productions animales sur une même ferme. En 2026, nous nous inscrivons dans ce modèle diversifié, avec la reprise d’un élevage de brebis voisin, ainsi qu’un verger à Nantoux, tous deux en transition vers l’Agriculture Biologique. Nos agneaux sont élevés sous la mère par nos 250 brebis Thônes et Marthod. Cette race issue des Alpes, est reconnue pour son tempérament calme, sa rusticité et ses aptitudes « mixtes »: son lait présente une excellente valeur fromagère, tout comme ses qualités maternelles en font une race efficace pour la production de viande. Nous avons également des poules, et des projets d’intégrer d’autres élevages par la suite. Nos fruits tels que les kiwis, coings, cerises, mirabelles, prunes, poires, pommes, pêches de vigne… proviennent d’arbres fruitiers à proximité de nos vignes et d’un verger dans le village.

Nos engagements

Notre projet repose sur:

  • la production locale de viande, et fruits variés en Agriculture Biologique,
  • le respect du bien-être animal par l’élevage extensif,
  • la préservation de la biodiversité locale par le patûrage des zones Natura 2000 et du Conservatoire des Espaces Naturels de Bourgogne,
  • le maintien des paysages diversifiés des Hautes-Côtes de Beaune.

Quand pâturer rime avec biodiversité

Jusqu’au milieu du XXème siècle à Nantoux, un berger gardait en commun tout le bétail du village sur les prairies calcaires. Aujourd’hui, de nombreuses prairies calcaires sont à l’abandon, regagnées peu à peu par les arbres et arbustes. En un siècle, entre 50 et 75% des prairies calcaires auraient disparu en France, alors qu’elles comportent à elles seules 1/4 des plantes protégées au niveau national. Ainsi, le patûrage est de toute importance pour maintenir ces milieux ouverts, afin d’éviter la disparition de cet habitat précieux pour de nombreuses espèces.

En effet, en Bourgogne les prairies calcaires hébergent près de 70 espèces végétales remarquables telles que les fascinantes Orchidées, qui sont issues de connections racinaires étroites avec des champignons mycorhiziens et d’une adaptation à des insectes pollinisateurs spécifiques. On y trouve également une faune caractéristique des milieux secs, dont le Lézard vert occidental, l’Alouette lulu, ou encore le Circaète Jean-le-Blanc qui migre depuis l’Afrique pour venir se nourrir des reptiles qui aiment dorer au soleil sur les roches calcaires.